Braine-le-Comte : Site Officiel

18 septembre 2017 à 16:15

73ème Anniversaire de la Libération de la Ville

Mise à l'honneur de M. Marcel Brisack

Le 3 septembre dernier, Braine-le-Comte se souvenait et célébrait la Commémoration Mémorial A.S. Salmonsart & 73ème Anniversaire de la Libération de la Ville.

Lors de cette cérémonie, l'Echevine en charge des Cérémonies patriotiques mettait à l'honneur M. Marcel Brisack.

Voici son allocution. 

"Chaque année depuis maintenant 3 ans, je rends hommage à un Brainois qui a vécu la guerre et qui, de par ses actions a été un héros, un survivant de cette terrible époque.

Cette année je vais vous raconter l’histoire d’un héros de l’ombre Marcel Brisack, il est né le 23 mai 1923, au moment où la guerre a commencé, il habitait le rue de l’Hôtel à Steenkerque.

1940, il avait alors que 17 ans, la mobilisation générale était déjà forte et il manquait, dans les fermes, cruellement de mains, c’est alors que Marcel a décidé d’aller travailler à la ferme, une jeune fille du village accourt à toute vitesse pour lui dire que c'était la guerre, entretemps l’aviation allemande avait déjà bombardé la ville de Nivelles et les troupes allemande étaient rentrées en Belgique comme en 14, la vie tournait au ralenti, les troupes françaises rentreront dans le village de Steenkerque les 11 et 12 mai.

Vu la rapidité des choses, un ordre du gouvernement est arrivé à la commune devant mobiliser les jeunes de 16 à 35 ans mais entretemps et vu la progression des troupes, les villages de Steenkerque et Ronquières ont eu ordre d’évacuer, ses plans ont été changés  et Marcel est resté avec les siens pour fuir, ce n’était pas simple, ils ont été jusque dans le Nord de la France avant de pourvoir enfin retourner chez eux.

Là, Marcel travaillera dans une autre ferme, une ferme tenue par un résistant de la guerre 14/18, il lui parla de cette résistance, il n’en fallut pas plus et c’est ainsi qu’il s’engagea en 1941 dans la légion belge qui deviendra ensuite l’armée secrète. C’était très dangereux, le commandant de District a été arrêté et mis au camp de concentration de Brendonck, mais comme dans la chanson des Partisans «  quand un ami tombe, un autre sort de l’ombre et prend sa place » et c’est que Marcel a vécu, la relève est toujours assurée. C’est ainsi qu’il prête serment et s’engage dans la légion belge zone 1 secteur D10, leur devise était tout voir, tout entendre et ne rien dire.

Leurs actions étaient de surveiller les mouvements des troupes, le cas échéant les identifier, renseigner sur les collaborateurs et les dénoncer, ramasser si c’était possible des munitions jetées par les troupes françaises, belges en retraite. Parfois certains étaient désignés pour aller chercher les parachutages d’armes et de munitions, ces missions étaient données à des hommes sûrs et qui n’avaient pas froid aux yeux. L’action de sabotage de l’armée secrète n’a vraiment commencé qu’en 1943 pour durer jusqu’à la retraite allemande.

En 1943, les allemands instaurent le service obligatoire, Marcel se rendra au bureau qui était à la Louvière et il a été exempté durant au moins 1 an , il en était ravi !

En 44 il apprend que son groupe de résistance a été arrêté, il doit son salut au fait qu’il n’habitait plus Steenkerque à ce moment-là, comme il avait changé de travail, il vivait ailleurs.

Le 7 août 44, il était à bord d’un camion avec 2 autres personnes, à l’entrée du Roeulx, le camion est arrêté par 2 types en civil et un allemand mitraillette au poing, l’un d’entre eux demande qui est Brisack, Marcel dit qui il est et est invité à descendre immédiatement du camion, c’est là que son calvaire va commencer, il sera amené dans des cachots de La Louvière durant une nuit il apprendra que les civils qui les ont capturés étaient la bande Duquesne de La Louvière qui étaient tous devenus des collaborateurs, puis ils ont été emmenés à Mons, le soldat garde était wallon.

Le 9 août, Marcel sera transporté dans un convoi où il y avait au moins 500 à 600 wallons et flamands, il avait, si l’on peut dire, de la chance, il ne sera pas mis dans un convoi à bestiaux mais dans des voitures en bois. Les rangs étaient serrés mais tous en chœur ils ont chanté la Brabançonne au nez et à la barbe comme il le dit des "shleus". Ils s’arrêteront à une gare où tout le monde descendra et seront conduits vers ce qu’ils appellent un lazareth (infirmerie), ils ont pu aller aux toilettes et boire un peu (ce qui n’était plus le cas depuis le départ).

Peu de temps après, un tri sur les quais s’opèrera : travail léger et lourd. Un ami Brainois Joseph Duquesne dit «  Joseph del tour » qui était avec lui le prend par le bras et avance en disant pour nous un travail léger, nous avons mal à l’estomac. Grâce à cela ils seront tous les deux pris pour le camp de Gemeinschaftlager 23.
Le camp était immonde, ils ont dormi d’abord dans la baraque des Hollandais, puis des Français avant d’arriver dans la baraque des Belges, les baraques étaient remplies de poux c’était une horreur, il essayait de les tuer mais c’était une mission impossible !

Le lendemain de leur arrivée, le chef de camp questionnait tout le monde et demandait la nationalité, ce qu’ils étaient capables de faire, notre Marcel dit qu’il est mécanicien (pour information il ne l’était pas mais pour lui il se disait que peut-être on allait le faire travailler dans un garage), une fois l’interrogatoire terminé, il a reçu sa ration du jour et son laissez-passer n°004638).

Il travaillera devant un établi où il a appris à scier, buriner, limer, river pas simple tous les jours mais il réalisait quand même la chance qu’il avait.

Peu de temps après il sera mis comme rôdeur de BMW sur les appareils Fockewolf 190, pas dans un garage mais en plein air, été comme hiver, avec des simples sandales en bois ce n’était pas facile mais là, il pouvait avoir des rations supplémentaires, alors quand il quittait la cantine, il y avait toujours des hommes habillés en vêtements à rayures qui étaient affamés, et en passant il donnait discrètement une tartine de pain qui était immédiatement ingurgitée.

Dans le camp un petit homme « heinrich » écoutait radio Londres et leur disait de ne pas perdre espoir !

Avril 44, ils comprenaient que cela, comme il le dit , « commençait à sentir le roussi pour les hôtes », et leur attitude changeait un peu, le travail commençait à 8h plutôt que 6h, le 11 avril ils ont été libérés, à la sortie, il rencontrera un prisonnier politique polonais qui avait échappé à une marche de la mort, il expliquera ce qu’il a enduré, ce fut un moment terrible pour Maurice.

Le 7 mai au matin, ils ont été transportés dans un train pour retourner dans leurs pays, mais avant il fallait passer à la désinfection, au bureau d’identification et chacun recevait 100 frs pour le retour.

Marcel prendra le train jusque Braine-le-Comte où il retrouvera toute sa famille, son épouse et son enfant qu’il n’a pas vu naître et qui s’appellera Maurice.

Voici un résumé de la vie héroïque de Marcel, son engagement dans l’armée secrète, son travail forcé dans un camp, mais surtout sa force et volonté de garder la tête haute.

Merci à lui pour son témoignage, les extraits cités ont été repris dans son livre de 17 pages qui relate l’entièreté de ces 4 années et qui s’intitule « mes mémoires de guerre ».

Merci à son fils Gilbert d’avoir été un passeur de mémoire.

Pour tous ceux qui ont laissé leur vie, qui ont combattus pour notre liberté, qui ont souffert dans ces camps abominables, aujourd’hui nous sommes tous là pour leur dire merci !

Bénédicte Thibaut, Echevine des Cérémonies patriotiques"

 

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